Science politique à l'usage des nuls
En mai 1981, les socialistes arrivent au pouvoir en France. Malgré les alternances apparentes, ils ne l’ont plus quitté. Du moins, le projet socialiste est resté le carcan qui a conditionné toutes les lois votées et toutes les politiques menées depuis cette date. C’est Valery Giscard d’Estaing lui-même qui avait dit qu’un pays dont les dépenses publiques dépassent le seuil de 40 % du PIB est un pays socialiste. Et c’est le même homme qui a permis cet état de fait qui s’est aggravé en trente ans.
A défaut de pouvoir limiter cette dérive des dépenses publiques et sociales, il a donc fallu augmenter dans les mêmes proportions les taux de prélèvements fiscaux et sociaux, ce qui n’a pas suffit manifestement puisque le taux d’endettement lui-même a continuellement progressé sur les trente dernières années passant de moins de 20 % du PIB dans les années 70, à 40 % dans les années 90 pour dépasser aujourd’hui 60 % du PIB.
Dans les années 70, la situation économique française n’était finalement pas si catastrophique. D’ailleurs, si l’on pouvait aujourd’hui retrouver les chiffres du chômage, de l’endettement et de croissance qui prévalaient dans les années 70, on appellerait cela la prospérité. Mais la gauche attribuait cet état à la prospérité mondiale (les trente glorieuses dit-on dans les manuels) dont bénéficiait le pays. Il n’était pas question d’imputer cette situation à la politique gouvernementale de l’époque.
Par contre, les catastrophes des années 80, il ne fallait surtout pas les attribuer à la politique délirante de nationalisations et d’accroissement de la fiscalité, c’était la faute à la « crise mondiale ».
La crise mondiale a bon dos. D’ailleurs la notion de « crise mondiale » est pareille à la notion de « climat de la planète », elles ne recouvrent aucune réalité. Nous vivons une époque qui voit se libérer la prospérité dans un nombre croissant de pays. Mais les pays qui en tirent le moins leur épingle du jeu sont précisément ceux qui tournent le dos à l’économie de marché par pur dogmatisme. Ils ne peuvent donc en récolter ses fruits. L’Afrique, que l’on présente comme la victime du libéralisme, est probablement le continent oublié par le libéralisme. Et c’est bien cet abandon qui l’enfonce dans la misère. On n’est jamais victime de l’exploitation car on en tire toujours un bénéfice, ne serait-ce que sous forme d’expérience. On est victime de l’indifférence, comme un champ en friche dont le potentiel productif est oublié. Mais d’où vient que l’on vous tourne le dos, que l’on vous abandonne ?
Quant à la France, elle est sans doute parmi les pays développés le pays le moins ouvert au libéralisme. Finalement, la situation actuelle de la France s’est détériorée précisément à cause de 30 ans de socialisme rampant devenu quasiment irréversible tellement les lois sociales sont transformées en acquis devenus intouchables. Ce serait même un sacrilège que de seulement les contester.
Aujourd’hui, le politique est dans l’impulsif et l’émotion, le spectaculaire et le sensationnel, le court terme et les petites phrases, les symptômes et l’apparence. La crise du logement est encore plus grave en France qu’elle ne l’était au moment où l’abbé Pierre a commencé son combat à cause justement de ces politiques qui, voulant réguler un marché, en viennent à le détruire. Réquisitionnez des logements aujourd’hui, et personne n’investira plus jamais en France dans l’immobilier. Et le logement social va peu à peu se substituer au logement privatif, conformément aux effets d’éviction si bien analysés par les économistes lucides.
A l’image de l’ancienne Union Soviétique, la France va-t-elle devenir une immense HLM destinée à une population retraitée réduite à l’assistance ?
Revenons sur les élections de 1981 pour comprendre pourquoi la droite a définitivement perdu puisque depuis cette date, les gouvernements de droite qui sont revenus au pouvoir n’ont jamais remis en cause le modèle socialiste. Car pour remettre en cause le processus de collectivisation rampante qu’entraîne l’application scrupuleuse du modèle socialiste, encore faut-il affirmer un autre modèle fondé sur des principes, des valeurs et une utopie.
De ce point de vue, la droite a abdiqué, reprenant à son compte les valeurs et les principes de la gauche qui consistent à fustiger le libéralisme, à diaboliser l’économie de marché et tous ses symboles. Mais en politique, on ne gagne pas en reprenant les valeurs de ses adversaires, ce qui revient à les cautionner. Les gens préfèrent toujours l’original à la copie. On ne gagne pas en ayant honte, en développant un complexe.
Même les libéraux ressentent le besoin de fustiger le capitalisme, alors que le concept même de capitalisme fut inventé par Marx pour assimiler l’économie à un processus d’exploitation des travailleurs. Aucun économiste classique à cette époque ne parlait de capitalisme ; ce n’était pas un concept scientifique en économie.
A défaut de pouvoir limiter cette dérive des dépenses publiques et sociales, il a donc fallu augmenter dans les mêmes proportions les taux de prélèvements fiscaux et sociaux, ce qui n’a pas suffit manifestement puisque le taux d’endettement lui-même a continuellement progressé sur les trente dernières années passant de moins de 20 % du PIB dans les années 70, à 40 % dans les années 90 pour dépasser aujourd’hui 60 % du PIB.
Dans les années 70, la situation économique française n’était finalement pas si catastrophique. D’ailleurs, si l’on pouvait aujourd’hui retrouver les chiffres du chômage, de l’endettement et de croissance qui prévalaient dans les années 70, on appellerait cela la prospérité. Mais la gauche attribuait cet état à la prospérité mondiale (les trente glorieuses dit-on dans les manuels) dont bénéficiait le pays. Il n’était pas question d’imputer cette situation à la politique gouvernementale de l’époque.
Par contre, les catastrophes des années 80, il ne fallait surtout pas les attribuer à la politique délirante de nationalisations et d’accroissement de la fiscalité, c’était la faute à la « crise mondiale ».
La crise mondiale a bon dos. D’ailleurs la notion de « crise mondiale » est pareille à la notion de « climat de la planète », elles ne recouvrent aucune réalité. Nous vivons une époque qui voit se libérer la prospérité dans un nombre croissant de pays. Mais les pays qui en tirent le moins leur épingle du jeu sont précisément ceux qui tournent le dos à l’économie de marché par pur dogmatisme. Ils ne peuvent donc en récolter ses fruits. L’Afrique, que l’on présente comme la victime du libéralisme, est probablement le continent oublié par le libéralisme. Et c’est bien cet abandon qui l’enfonce dans la misère. On n’est jamais victime de l’exploitation car on en tire toujours un bénéfice, ne serait-ce que sous forme d’expérience. On est victime de l’indifférence, comme un champ en friche dont le potentiel productif est oublié. Mais d’où vient que l’on vous tourne le dos, que l’on vous abandonne ?
Quant à la France, elle est sans doute parmi les pays développés le pays le moins ouvert au libéralisme. Finalement, la situation actuelle de la France s’est détériorée précisément à cause de 30 ans de socialisme rampant devenu quasiment irréversible tellement les lois sociales sont transformées en acquis devenus intouchables. Ce serait même un sacrilège que de seulement les contester.
Aujourd’hui, le politique est dans l’impulsif et l’émotion, le spectaculaire et le sensationnel, le court terme et les petites phrases, les symptômes et l’apparence. La crise du logement est encore plus grave en France qu’elle ne l’était au moment où l’abbé Pierre a commencé son combat à cause justement de ces politiques qui, voulant réguler un marché, en viennent à le détruire. Réquisitionnez des logements aujourd’hui, et personne n’investira plus jamais en France dans l’immobilier. Et le logement social va peu à peu se substituer au logement privatif, conformément aux effets d’éviction si bien analysés par les économistes lucides.
A l’image de l’ancienne Union Soviétique, la France va-t-elle devenir une immense HLM destinée à une population retraitée réduite à l’assistance ?
Revenons sur les élections de 1981 pour comprendre pourquoi la droite a définitivement perdu puisque depuis cette date, les gouvernements de droite qui sont revenus au pouvoir n’ont jamais remis en cause le modèle socialiste. Car pour remettre en cause le processus de collectivisation rampante qu’entraîne l’application scrupuleuse du modèle socialiste, encore faut-il affirmer un autre modèle fondé sur des principes, des valeurs et une utopie.
De ce point de vue, la droite a abdiqué, reprenant à son compte les valeurs et les principes de la gauche qui consistent à fustiger le libéralisme, à diaboliser l’économie de marché et tous ses symboles. Mais en politique, on ne gagne pas en reprenant les valeurs de ses adversaires, ce qui revient à les cautionner. Les gens préfèrent toujours l’original à la copie. On ne gagne pas en ayant honte, en développant un complexe.
Même les libéraux ressentent le besoin de fustiger le capitalisme, alors que le concept même de capitalisme fut inventé par Marx pour assimiler l’économie à un processus d’exploitation des travailleurs. Aucun économiste classique à cette époque ne parlait de capitalisme ; ce n’était pas un concept scientifique en économie.
Même les libéraux parlent « d’alter-libéralisme » quand la CGPME appelle l’UMP à développer un « libéralisme responsable » (le comble du pléonasme !) ou encore un « libéralisme tempéré » ou « modéré ». On croirait entendre Giscard avec son libéralisme avancé. Moralité : Giscard a perdu les élections. Puis il a occupé son temps à rédiger un projet de Constitution européenne qui fut un modèle de constructivisme, finalement rejeté par les français.
A force de jouer sur le terrain des autres, on en perd sa propre boussole. Le combat de la droite consistera à redécouvrir ses valeurs fondées sur un libéralisme authentique. Ce dernier n’a pas à être modéré mais affirmé.
A force de jouer sur le terrain des autres, on en perd sa propre boussole. Le combat de la droite consistera à redécouvrir ses valeurs fondées sur un libéralisme authentique. Ce dernier n’a pas à être modéré mais affirmé.


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